Accueil Actualités SENEGAL Télécoms :: SONATEL Top management en vacances, l’intersyndicale au charbon…

SENEGAL Télécoms : :

SONATEL Top management en vacances, l’intersyndicale au charbon…

penthionet.com

vendredi 16 juillet 2010

Depuis plusieurs semaines, les syndicalistes de la SONATEL font beaucoup de bruit autour du décret présidentiel mettant en place un contrôle et une surtaxe sur les communications internationales entrantes. Rappelons que ce même système a été mis en place en république de Guinée, au Congo, et au Ghana. La Côte d’ivoire qui avait pris la même décision est revenue en arrière grâce à une décision de Président de la république.


Il est important de rappeler la structure d’un appel international pour mieux comprendre de quoi il s’agit. Un modou-modou comme moi appelant de la France vers le Sénégal paye la minute de communication à l’opérateur Français. Sur ce qu’encaisse cet opérateur français, une partie va dans les coûts d’acheminement de l’appel sur le territoire français, et une autre partie sert à payer la partie internationale du trajet jusqu’à l’interlocuteur au Sénégal. C’est cette partie internationale, c’est-à-dire la terminaison de mon appel sur un des réseaux au Sénégal qui passe de 92 Fcfa à 141 Fcfa pour les appels vers les mobiles et de 65 Fcfa à 140 Fcfa pour les appels vers les fixes.

Cette modification de ce que paye l’opérateur français pour terminer mon appel sur le Sénégal doit de manière mécanique ramener le tarif de détail que propose cet opérateur pour les appels vers le Sénégal à la hausse. L’exemple de la France est valable pour l’ensemble des pays du monde où des appels sont effectués vers le Sénégal.

L’ensemble de ces impacts n’aura aucune incidence sur le trafic international entrant au Sénégal, et peut être même comme le soutient l’ARTP le trafic entrant international entrant pourrait être porté à la hausse puis une hausse conséquente des revenus des opérateurs, et in une hausse des recettes fiscales issues du secteur des télécoms.

Il se pourrait que l’État ait déjà fait le rapport entre ce qu’il perd en terme de recettes fiscales et ce qu’il gagne sur les 140 Fcfa/minutes. En tout cas ce serait très optimiste de baser ce petit calcul sur le trafic actuel car au Congo où la taxe a été mise en place en Juin 2009, il a été noté une hausse du trafic international entrant de l’ordre de 30%. Dans cette optique, certains pays comme l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont réévalué leur marché en maintenant les tarifs à l’entrée entre 19 et 20 centimes d’euros, le Cuba est à 55.10 centimes d’euros.

Quelques pays de l’Afrique subsaharienne ont entrepris eux aussi de maintenir une balance téléphonique non déficitaire avec le Reste du Monde en réévaluant leurs tarifs à l’entrée : c’est le cas par exemple du Gabon ou l’on est à 20 centimes d’euros et du Ghana ou le seuil tarifaire se situe à 19 centimes d’euros depuis le 1er mars 2010. De façon plus explicite, cela signifie que les tarifs à l’entrée autorisés ne peuvent plus être en déca de ces nouveaux tarifs qui ont l’avantage, en plus de rééquilibrer la balance téléphonique, de stabiliser les prix sur le marché de gros naguère sujet à des pratiques de dumping observées çà et là par certains acteurs.

Je ne souhaite pas revenir sur le bien fondé ou pas de cette décision. Ce qui m’intrigue plutôt c’est le silence poltron des dirigeants de la SONATEL devant cette situation. Je peux comprendre que Tigo ne réagisse pas vu qu’officiellement ils n’ont pas une licence valide, rappelons que Milicom a un contentieux pendant devant le CIRDI avec l’Etat du Sénégal. Il n’est pas surprenant aussi que le dernier venu Expresso Sénégal, réputé proche du pouvoir en place, soit le premier à exécuter le contenu du décret. Par contre, la stratégie de SONATEL reste floue.

Nous assistons à des actions mal organisées et une manifestation stupide devant le siége du régulateur alors que ce dernier n’est juste qu’une marionnette. L’amicale des cadres de la SONATEL s’est exprimée mais de manière laconique en répondant à des propos tenus par un des dirigeants de l’ARTP.

Mais pendant ce temps où sont les dirigeants de la SONATEL ? Que pensent ils de cette décision ? Ils faudraient qu’ils comprennent que ce combat est le leur, c’est dans ces situations que nous pouvons vraiment apprécier les qualités des grands managers. Cheikh Tidiane MBAYE, après avoir fait de la SONATEL ce qu’elle est aujourd’hui, a-t-il le droit de s’emmurer dans un silence coupable lorsque l’ensemble des sacrifices consentis par ses agents et par lui même risque d’être anéanti par ce décret ?

Ce serait une bien triste fin de carrière pour M. Mbaye si la direction générale continuait à instrumentaliser les syndicats au lieu de « se mouiller » en contestant de manière officielle cette décision. Que risque vraiment M. Mbaye ? Si ce n’est une plus grande estime des sénégalais à son égard. M. le directeur général, pour une fois, battez vous de manière officielle pour vos salariés et pour le Sénégal, ne serait ce que pour l’oeuvre que vous vous étes attelé à bâtir ces 25 derniéres années.

source:webnews par Le modou-modou des télécoms.

 

1 Message

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

CONTACTEZ NOUS -  © Copyright 2007, All Rights Reserved.